Partager l'article ! Allemagne : critiques d'H. SCHMIDT sur la politique européenne: La politique européenne d'Angela MERKEL (CDU, droite allemande) et sa volonté ...
La politique européenne d'Angela MERKEL (CDU, droite allemande) et sa volonté de ne pas céder face à ses partenaires européens (notamment sur la question de la stricte indépendance de la Banque Centrale Européenne et du contrôle au niveau européen des budgets nationaux) ont été vivement critiquées cette semaine. Mais, gare à celui qui critique l'Allemagne ! Critiquer l'Allemagne est toujours suspect. Un peu comme attaquer Israël. Ainsi, les déclarations, perçues comme anti-allemandes, de responsables politiques français de gauche ont été sévèrement jugées ces derniers jours. Elles seraient l'expression d'un relent nauséabond, rappellant les heures sombres de l'histoire de l'Europe, quand la France et la Prusse (puis le IIème et le IIIème Reich) se faisaient la guerre et saignaient leur jeunesse respective. Mais, avant de crier haro sur les socialos qui s'en prennent à notre douce et tendre Allemagne (ne somme-nous pas en "couple" avec elle ?), il paraît opportun de scruter à la loupe les déclarations de hauts responsables du SPD, le parti social-démocrate allemand, pour savoir comment ils jugent la politique européenne de la Chancelière allemande et de son gouvernement de droite.
A
l'occasion du congrès du SPD qui se tient ce week-end à Berlin, devant 9000 militants (soit trois fois plus que prévu !), l'ancien Chancelier de la République fédérale allemande
de 1974 à 1982, Helmut SCHMIDT, également ancien maire d'Hambourg - donc une grande conscience de la sociale-démocratie
allemande - a mis en garde la Chancelière contre sa volonté de diriger de façon unilatérale l'Europe. Les erreurs diplomatiques allemandes et la bonne santé de l'économie allemande face à la
morosité qui règne en Europe provoquent un sentiment de "mal être et d'inquiètude politique" au sein de l'Union Européenne. La confiance en l'Allemagne et en sa fiabilité est abimée.
"Si nous succombons à la tentation de dominer les autres ou, à tout le moins, de jouer le rôle de primus inter pares, nos voisins vont s'opposer de plus en plus puissamment à cette
stratégie".
Helmut SCHMIDT
critique "cette démonstration nationale de force qui nuit à l'image du pays". Il s'en est aussi pris au "nationalisme" dont font preuve
certains responsables politiques allemands. Il défend l'idée d'une intégration forte entre les pays européens pour éviter d'en revenir à une Europe à deux vitesses. Il est important de ne pas
raviver l'opposition entre un centre qui décide et des Etats périphériques obligés de suivre. D'autant plus que l'Europe ne peut peser face aux autres continents que si elle se rassemble. Helmut
SCHMIDT souhaite également que l'Allemagne fasse preuve de "compassion vis-à-vis de la Grèce". II encourage d'ailleurs le Ministre
des Affaires étrangères allemand, Guido WESTERWELLE, à se rendre plus souvent à Lisbonne ou à Athènes
qu'au Proche Orient. Il ne faut pas oublier que la reconstruction de l'Allemagne n'aurait pas été possible sans l'aide des autres pays d'Europe occidentale. Les
Allemands ont donc une obligation historique d'être solidaires avec les autres pays.
Force est de constater que la principale force de gauche en Allemagne ne partage pas la ligne adoptée par Angela MERKEL vis-à-vis de ses partenaires européens. Critiquer la stratégie allemande, ce n'est donc pas critiquer l'Allemagne, mais c'est critiquer A. MERKEL, critiquer les conservateurs allemands, bref, critiquer la droite européenne.
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