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Dimanche 1er mars, des élections régionales se sont tenues en Galice et au Pays Basque.
Les sondages étaient des plus optimistes pour le PSOE, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol. Nombreux étaient les observateurs politiques qui montraient que le PSOE allait
conserver le pouvoir en Galice et qu'il allait même, cela aurait été historique, arriver en tête au Pays Basque, devant les nationalistes modérés. Mais, les urnes en ont décidé
autrement...
En Galice, le PP, Parti
Populaire (droite espagnole), emmené par Alberto Nuñez Feijoo, qui avait perdu la région en 2005 après 24 ans de règne, a obtenu une majorité absolue de 39 sièges (47% des
voix) sur 75 au Parlement régional galicien. Le PP devance les Socialistes (24 sièges - 29%) et leurs alliés régionalistes du Bloc Nationaliste Galicien (BNG, 12 sièges - 16%), selon
des résultats presque définitifs. Le PP gagne donc d'une courte tête ces élections. Déjà, en 2005, les Socialistes et le BNG avaient, avec 38 Députés contre 37
pour le PP, gagné les élections d'un cheveu. Si l'on en juge par le nombre de Députés, le résultat de 2009 n'est donc pas si catastrophique pour le PSOE, même si, en terme de
suffrages exprimés, le PSOE a connu une baisse significative, passant de 34% à 29%. Il est certain que le PSOE, au pouvoir en Espagne depuis mars 2004, a payé les
frais de la crise économique qui touche durement l'Espagne (désignée comme un Eldorado en Europe jusqu'à il y a encore quelques mois) avec un taux de chômage très préoccupant, bien
plus élévé qu'en France par exemple.
Au Pays Basque, le PSOE n'a certes pas réussi son pari
d'arriver en tête et de devancer les Nationalistes modérés, mais il a tout de même fait un très bon score, le meilleur de son histoire avec près de 31% des suffrages
exprimés. En 2005, il faut bien avoir à l'esprit que le PSOE n'avait recueilli que 22% des suffrages, soit une progression de 9%. Il a désormais 24 Députés contre 18 en
2005. Oui, le PSOE n'a pas gagné mais il n'en demeure pas moins qu'il a réalisé une très belle performance.
Les Nationalistes du PNV-EAJ, quant à eux, se maintiennent avec un
score de 37.5% sensiblement similaire à celui de 2005. Ils ont 30 Députés. Cependant, leur allié, le parti EB-B, a réalisé un très mauvais score, n'obtenant qu'un Député contre 3 en 2005.
Mais, cette défaite est compensée par le mouvement indépendantiste non-violent ARALAR, qui est passé d'un Député en 2005 à 4 en 2009. Mais, cela ne fait, au bout du compte, que 37 Députés
alors qu'il en faut 38 pour avoir la majorité absolue au Parlement régional du Pays Basque et pour que le PNV-EAJ conserve le pouvoir.
Le PSOE endosse donc le rôle d'arbitre et devient le maître du jeu.
Que va faire le PSOE ? Deux choix se présentent à lui.
Soit il va former une alliance entre tous les partis non-nationalistes c'est à dire avec le PP (en net recul - 13 Députés) et l'UPD (anti-indépendandistes - 1 Député) ce qui fait
38 Députés, la majorité absolue.
Soit il va s'allier avec le PNV-EAJ pour avoir, en contrepartie, le soutien des Députés du PNV-EAG aux Cortes, le Parlement national à Madrid, où le PSOE ne dispose
pas, à lui tout seul, de la majorité absolue.
Patxi Lopez, le chef de file des Socialistes basques, est flou quant à ses intentions puisque, durant la campagne, il a exclu toute alliance avec la
droite (le PP) et aussi avec le PNV-EAJ si ce dernier avait pour référence le souverainiste Ibarretxe, le Président sortant du Pays Basque... Affaire à suivre...
En tous cas, à la lueur de ces résultats, il serait faux de dire que "les Socialistes espagnols ont été battus lors des scrutins régionaux" comme
l'affirmait Libération lundi matin sur son site. La réalité est bien plus complexe et nuancée. Il s'agit plus d'un demi-échec ou d'une semi-victoire que d'une vraie défaite. Ah, la presse
française...
par T.D.
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