Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 05:00
Le 16 octobre dernier, des retraités sont descendus dans la rue pour demander une augmentation immédiate de leurs retraites à 15OO€.

Il est vrai que l'évènement est passé inaperçu du fait de cette fausse polémique que le gouvernement s'est empressé de lancer concernant les sifflets contre la Marseillaise lors du match France-Tunisie. Il est évident qu'il est stupide de siffler la Marseillaise mais cela doit amener nos élites politiques (et notamment les élus UMP) à se poser la bonne question : pourquoi ont-ils sifflé ? Peut-être parce que les paroles de la Marseillaise sont profondément racistes ("Qu'un sang impur abreuve nos sillons") et qu'il nous appartient de nous réaproprier notre héritage historique, de faire en sorte qu'il soit en accord avec nos valeurs d'aujourd'hui. Peut-être parce que ces Français d'origine maghrébine qui ont sifflé se sentent (à tort ou à raison) ostracisés par la plus grande partie de la population française et qu'il appartient au gouvernement de mettre en place des politiques de fraternité. C'est un vrai problème de société. Et demander comme Bernard Laporte de jouer les matchs contre les pays du Maghreb en province, cela montre que le gouvernement de Sarkozy n'a rien compris. C'est pas nouveau. Mais, le grand intérêt de cette polémique, outre le fait qu'elle nous a montré à quel point la reconversation de Bernard Laporte (qui faut-il le rappeler a été sélectionneur du XV de France avant de devenir la star des publicités pour le jambon Madrange) en homme politique était peu probante, est de passer sous silence, entre autre, les revendications des retraités. Ce n'est pas la première fois (ni la dernière d'ailleurs) que le gouvernement esquive les problèmes de la "France d'en bas".

Alors, parlons des retraites !


Un certain Nicolas Sarkozy (enfin l'ancien, celui qui a tant vanté les effets merveilleux du capitalisme financier, celui qui a voué sa carrière poltique à la défense bec et ongles de ce système économique, celui qui doit ses différentes élections à son amour pour les Bourses) souhaite mettre en place, pallèlement à notre bon vieux système par répartition, un système anglosaxon de retraite c'est à dire un système par capitalisation.





Pour celles et ceux qui ne font pas bien la différence entre retraite par capitalisation et retraite par répartition, lisez le petit mémo qui suit :

- retraite par capitalisation (systéme américain) : les salariés placent de l'argent dans des fonds de pensions c'est à dire dans des institutions privées qui achètent et vendent des actions boursières pour le compte de ces salariés. Le produit de ces achats ou ventes d'actions permet de faire fructifier l'argent ainsi plaçé. Le système par capitalisation dépend donc de la Bourse et de ses fluctuations...

- retraite par répartition (système français) : les salariés paient des cotisations pour les retraités. Autrement dit, il s'établit une solidarité entre les générations. Ceux qui travaillent donnent une part de leurs salaires pour financer la retraite de leurs aînés. Le système par répartition dépend donc de l'Etat et de la proportion du nombre de salariés par rapport au nombre de retraités. (S'il y a plus de retraités que de salariés dans une société, qui finance les retraites ? Ce sera bientôt le cas en France).



Au jour d'aujourd'hui, notre Président fait bien pâle figure, tout comme d'ailleurs les salariés et retraités américains. Avec la crise financière, avec la chute des Bourses, l'argent placé en fonds de pension par les salariés américains ne rapporte pas les fruits escomptés voire pire : les salariés perdent une partie de cet argent qu'ils ont mis de côté pour leurs vieux jours. En conséquence, ils sont de plus en plus résignés et donc se font à l'idée de partir plus tard que prévu en retraite... Du côté des retraités américains, autant vous dire qu'ils ne sont pas très heureux... Ils ont perdu une partie de l'argent qui devait servir à financer les retraites...

La crise financière a donc eu un effet très négatif sur le système par capitalisation tant vanté par la droite...

Evidemment, depuis que Sarkozy est devenu altermondialiste dans le discours, on peut rire jaune quand on pense que ce même Sarkozy voulait un système de capitalisation à la française... La solution au problème des retraites ne viendra donc pas des Etats-Unis vu l'échec du système par capitalisation...

Alors, que doit proposer Sarko-Zorro ?

En 2004, tous les responsables de droite et notamment notre actuel Premier Ministre, François Fillon, nous disaient que le financement des retraites ne pourrait plus être possible étant donné le vieillissement de la population française  couplé à l'endettement de l'Etat qui ne pouvait plus rien financer. Il fallait donc trouver des solutions. Travailler plus longtemps par exemple.

Mais aujourd'hui, l'équation a changé : l'Etat est capable de se porter garant à hauteur de 340 milliards d'euros pour aider des banques qui, en l'absence de régulation étatique, ont commis de lourdes erreurs. L'Etat s'engage donc à sortir potentiellement de sa poche 340 milliards d'euros pour sauver un système qui s'est largement compromis ces derniers mois dans des opérations incensées. S'il devait sortir ces 340 milliards, où les trouverait-il? Enfin bref, l'important est qu'il soit dans la capacité de les sortir. Imaginez : avec 340 milliards d'euros, on peut financer près de 19 millions d'années à 1500 euros de retraite par mois pour un seul retraité. Pour mieux coller aux réalités : avec 340 milliards d'euros, l'Etat pourrait financer intégralement pendant 8 ans une retraite à 1500 euros par mois pour l'ensemble des retraités pauvres de France c'est à dire trois millions de personnes ! De plus, Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, vient d'annoncer que l'Etat allait injecter 10,5 milliards d'euros (et il paraît qu'il n'y a plus d'argent pour financer les politiques sociales...) dans les six plus grandes banques françaises. Imaginez : avec 10,5 milliards d'euros, l'Etat pourrait augmenter, pour l'année à venir, de 300 euros par mois la retraite de ces trois millions de retraités pauvres ! Ajoutez à cela le bouclier fiscal et vous comprendrez que Sarkozy ne peut pas nous refaire le coup du manque de moyens de l'Etat. Les retraités - et surtout les retraités les plus pauvres - valent bien mieux que les "anciens" amis de Sarkozy que sont les banquiers et les traders. Travailler toute une vie pour en arriver à toucher entre 500 et 700 euros par mois pour finir sa vie dans une économie marquée par la très nette baisse du pouvoir d'achat, c'est non seulement indécent de la part d'une société riche mais surtout inadmissible quand on en a les moyens. Si on peut aider ceux qui ont mis à mal le système financier, on peut bien aider ceux qui ont permis à celui-ci d'enrichir ces quelques banques qui aujourd'hui en appellent à l'Etat...

Que la retraite à 1500 euros devienne
immédiatement une réalité  !

Et n'oublions pas que nous, les jeunes, sommes tous, par définition, de futurs retraités...
Ce combat nous concerne tous !

par T.D.

Par Jeunes Socialistes 03 - Publié dans : Politique nationale
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