Vendredi 2 mai 2008 5 02 /05 /Mai /2008 00:23
Resituons un peu les faits...le 21 mars 1968 s'est déroulé à Paris une manifestation contre la Guerre du Viet Nam. Cette manifestation d'étudiants à dégénéré, et plusieurs étudiant furent arrêtés. En protestation se créé le lendemain le Mouvement du 22 mars, mené entre autres par Daniel Cohn Bendit. Il se manifeste par l'occupation par 142 étudiants du dernier étage du bâtiment administratif, où se trouve la salle du conseil des professeurs, qui sera occupée toute la nuit. En réaction, les meneurs seront convoqués en conseil de discipline, conseil qui sera rapidement affublé du pseudonyme de "tribunal universitaire" par les étudiants protestataires.
En soutien aux étudiants convoqués en Conseil de Discipline, les étudiants du mouvement du 22 mars de mettent en grève et bloquent la faculté de Nanterre. En réaction aux manifestations de ces étudiants libertaires, des groupes d'extrême droite vont se former pour "rétablir l'ordre" à Nanterre. Voici comment les choses se sont accélérées le 3 mai :
  • 7h45 : À la Sorbonne, Occident (un mouvement d'extrême droite) met le feu au bureau de la Fédération générale des étudiants en lettres, la FGEL. En signe de protestation, les Groupes d’études de lettres (FGEL) annoncent un meeting le lendemain vendredi 3 mai, dans la cour de la Sorbonne : « Nous ne laisserons pas les étudiants fascistes maîtres du Quartier latin. » Mais ils prennent aussi la défense de Cohn-Bendit : « Jamais les étudiants ne permettront que la répression policière s’abatte sur un des leurs par le biais d’un tribunal universitaire. »

Le mouvement Occident, constitué de militants d’extrême droite et aidé pour l’occasion par d’anciens parachutistes, a fait savoir qu’il s’apprêtait, pour le lendemain, à attaquer Nanterre et à rétablir l'ordre. C’est le branle-bas de combat sur le campus.
En prévision, on s’arme de gourdins, de boulons, on fabrique des cocktails
Molotov et entasse des barres de fer. L’effectif du commando d’Occident, parachutistes compris, dépasse les 200 éléments.
Le meeting qu’Occident compte tenir n’est qu’un prétexte pour en découdre et l'avertissement est pris au sérieux. Les étudiants opposés à Occident se préparent donc à recevoir dignement leurs visiteurs et transforment la faculté en camp retranché. On se passe de main en main un tract d’Occident : « Nous montrerons demain que nous sommes capables de nous opposer à la terreur rouge et de rétablir l’ordre avec les moyens qui s’imposent ».
Finalement, Occident ne viendra pas, mais la police si. Un bâtiment de la résidence est transformé en Fort-Chabrol.
Au milieu de l'effervescence, on apprend que huit étudiants du Mouvement du 22 Mars sont convoqués devant la Commission des affaires contentieuses et disciplinaires de l’Université de Paris.
 On compte parmi les accusés qui doivent répondre de la soirée du 22 mars un fameux Daniel Cohn Bendit. En fin de matinée, le doyen de Nanterre, M. Pierre Grappin et le recteur Roche se rendent sur place pour constater la situation avec le directeur des enseignements supérieurs du ministère, M. Olmer. Ils sont inquiets. Grappin ne voit pas d’autre solution que de suspendre les cours, comme en mars. On est à quinze jours des examens, la faculté peut à la rigueur rester fermée jusque-là : « D’ailleurs, après avoir marqué le coup, nous prévoyons de la rouvrir progressivement si la situation le permet. »
  • 13h45 : un tract des « 22 mars » lance le mot d’ordre : « Hors de Nanterre les ratonneurs ! Les commandos fascistes seront exterminés. »
Dans l’après-midi, 300 étudiants environ réquisitionnent le grand amphi de la faculté pour la projection de films sur la guerre du Viêt Nam.
  • 19h : Devant la tournure prise par les évènements, le doyen Grappin, en accord avec le ministre Alain Peyreffite et le recteur Roche, décide de suspendre les cours et les travaux pratiques à l’Université de Nanterre « jusqu’à nouvel ordre » à compter du lundi 6 mai à 9 heures.
Le journal télévisé de 20 heures sur la première chaîne diffuse l’appel du doyen Grappin qui s’élève contre l’action de « petits groupes d’extrémistes ».
Communiqué de l’UNEF et du Mouvement du 22 mars pour une manifestation le 6 mai à 10 h à la Sorbonne : s’opposer à la répression engagée contre certains étudiants.
Note : cet historique est librement inspiré de Wikipédia et du site www.rue89.fr
Par Jeunes Socialistes 03 - Publié dans : Politique nationale
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